Qui du libraire ou de l’éditeur doit mettre des DRM ?

En guise de sous titre : aucun des deux mon capitaine !

S’amuser à faire des parallèles entre le monde physique et le monde numérique peut amener à se rendre compte de certaines absurdités. Mais d’abord voici un exposé des faits :

La BnF a annoncé la création de BnF collections ebooks, une collection de livres numériques d’œuvres issues du domaine public.

Lire le CP (PDF)

Attention il ne s’agit pas ici de s’offusquer de la vente d’œuvres du domaine public, en effet ce dernier a été créé justement pour permettre  à l’auteur et l’éditeur d’avoir une exclusivité temporaire avant que tout le monde puisse l’utiliser, y compris commercialement !

Mais il est important de veiller à ce qui est dans le domaine public y reste. Et ce qui semble poser problème ici c’est que selon les plateformes où la BnF vend ses livrels, les règles changent et le lecteur n’a pas les mêmes droits.
Petite comparaison :

  • Sur L’immateriel  on y apprend qu’il n’y a aucune protection : « Aucun : le fichier est tel que déposé par l’éditeur, aucune protection n’est appliquée ». On peut d’ailleurs souligner les informations pratiques concernant les accès.
  • Sur Chapitre.com c’est la même chose : « Protection : Aucune »
  • Sur Fnac par contre on peut s’apercevoir que le lecteur n’a plus le droit de copier ou imprimer le fichier, en plus de devoir accepter les conditions d’adobe DRM
Type de DRM Adobe DRM
Droit d’impression Non autorisé
Droit de Copier/Coller Non autorisé
  • Sur  Amazon, seul le format Kindle est proposé. Et d’ailleurs Amazon ne vend pas de livres mais une licence d’utilisation, ce qui est quand même bien différend.
bannière Red Universe
Red Universe, une saga mp3 kèlébien
Je vous propose également un second exemple : le cas des ebooks de la saga mp3 Red Universe. Ces ebooks sont les scripts améliorés et illustrés de la saga et sont achetables sur différentes plateformes, une FAQ nous indique les différents formats et présence ou non de DRM selon les plateformes de vente.  Comme dans le cas précédent, les règles fluctuent. Je vous invite à lire le tableau comparatif de la FAQ qui est assez révélateur.
Comme pour l’exemple précédent, voici une petite comparaison des infos sur les sites en question (sauf Amazon qu’on a déjà vu) :

  • Sur Google Play : Pas d’info sur la page, il faut cliquer sur le lien en bas de la page pour apprendre qu’il y a des fois des « extension .ACSM. Il s’agit d’un format de fichier Adobe utilisé pour la gestion des droits numériques (GDN) associés à vos livres » et qu’il faudra installer Adobe Digital Edition.
  • Sur Itunes : Pas d’info claire mais on peut retenir « Requirements: To view this book, you must have an iOS device with iBooks 1.3.1 or later and iOS 4.3.3 or later, or a Mac with iBooks 1.0 or later and OS X 10.9 or later« .
  • Sur Kobo : pas du tout d’infos, juste des images pour indiquer sur quelles machines le fichier est lisible.
  • En direct via Paypal : aucune info, on arrive directement sur la page d’achat.

On peut en déduire trois choses :

Déjà, ce sont les intermédiaires, ici les librairies en lignes (Amazon, Google Play et Itunes) qui imposent leurs règles aux éditeurs et aux lecteurs
La BnF dispose de gros moyens, soit elle se fiche des règles des plateformes et de sa mission de valorisation du patrimoine, soit elle n’est pas assez forte pour poser les conditions …
De plus il y a un gros soucis et les rôles de chaque acteur de la chaîne du livre sont confondus. A ce sujet et pour approfondir, vous pouvez lire cet excellent article d’Hervé le Crosnier. qui a fait une très intéressante analyse au sujet de la collection d’ebooks de la BnF.
Ensuite, il y a les soucis d’interopérabilité, avec Amazon, Google Play et Itunes, nous sommes dans des environnements fermés, où il est nécessaire pour le lecteur d’avoir un appareil/logiciel précis pour que ça marche, c’est une enclosure technique.
Ainsi, si, comme j’en ai parlé au début de ce billet, on compare avec le monde physique on pourrait s’imaginer le lecteur acheter le fauteuil avec son livre pour pouvoir le lire correctement et que dans une autre librairie il devra acheter un canapé pour pouvoir lire son livre. De plus son fauteuil et canapé pourront voir comment il lit et le communiquer au libraire (mais là on part du côté du recueil des données de lectures et des licences d’utilisation). Heureusement nous avons des libraires en ligne et des éditeurs qui ne marchent pas sur les libertés des utilisateurs et les prennent pas tous comme des vilains méchants pirates.

Une illustration en image, j’ai des bouquins à lire, par contre mon libraire m’a obligé à utiliser la chaise verte pour le livre bleu et la noire pour le livre gris, et pour le livre blanc, c’est au plumard que je peux le lire !

IMG_0254
cette image est également une habile pub pour certains livres ^^ Mouhaha que je suis un markéteu

Bref, en conclusion il faut noter qu’il est important pour le lecteur, et donc très important pour le bibliothécaire qui guide le lecteur, de comprendre les enjeux de la lecture numérique et ne pas se laisser bouffer par la guerre au partage et accepter des pratiques douteuses voire carrément honteuses.

Quelques sagas mp3 de science-fiction

Aaaah la SF, il nous vient à ce mot à l’esprit des histoires de navettes spatiales, de peuples extraterrestres, d’un possible futur où règne la machine …. Dans le petit monde de la saga mp3, ce genre a donné naissance à une secte, donc les messies sont les aventuriers du Survivaure et Adoprixtoxis. Nous allons nous pencher sur d’autres histoires qui parlent autant d’aventures spatiales que de bananes
Commençons par parler d’EDEN du pseudonommé Buxley ! Projetez-vous 8 000 ans dans le futur, l’atterrissage sera dur, surtout quand l’univers ne compte plus que 2 terriens dans la galaxie  et une foule de peuple extraterrestres voulant leurs mort …. EDEN raconte l’histoire d’Hélène Fresh et du capitaine Délisse qui partant à la recherche du dernier refuge de l’humanité, la mythique Eden… Il existe depuis 2013 une saison 4 nommée Eden Sacrifice. Par le même réalisateurs suivez La ligne et plongez dans un 31° siècle Blade-runnerien proche du cyberpunk et suivez Mara et Axel à la recherche d’une pierre sacrée d’un peuple extraterrestre mystérieux les Eoknens. Poursuivons notre voyage dans l’espace avec Xantha, par les créateurs de la mythique saga Adoprox … euh Adop’  Continuons à expoler des nouveaux horizons. Avec Comepi X, réalisé outre atlantique par un homme répondant à Explosive Pictures , nous suivrons les aventures spatiales et rocambolesques de Jack Boyardee et son équipage à l’accent québécois bien marqué.  Dans le même humours mais sans accent, La Menace Deûh de moi-même, SilverSon, vous emmène en 2222 lorsque le vaisseau Solaris et son équipage doivent faire face à l’invasion d’extraterrestres nommés Deûh. Ensuite, rejoignons l’équipage de l’épervier par la team Epervier, une bande de mercenaires de l’espace doit transporter un mystérieux convoi à l’autre bout de la galaxie …  Ce n’est pas fini, rions dans Galaxii de Melfice737 des mésaventures de M. le Président des USA et ses deux acolytes qui ne résistent pas à visiter un vaisseau spatial dans la zone 51 … qui décolle accidentellement vers une lointaine planète inconnue. Profitons de cet espace pour suivre les aventures des Covenants dans la fan fiction des jeux Halo La DGSCE de Luneral. Toujours dans l’espace, écoutons Spatiotemporel de Munditia pour suivre les aventures de Slim et son robot TZ43 et arrêtons nous sur Alien Maniak de Shadon pour écouter les déboires du Général Joseph Brown et de son équipage
Arrêtons nous entre deux fous rire pour prendre une petite pause avec Café et Lembas de Dean et Reivax. Partez en 2074 avec Daniel, Serveur de café dans l’une des plus grandes infrastructures scientifiques du monde, qui, après avoir glissé sur une peau de banane lors d’une expérience scientifique visite un monde parallèle rempli d’elfes et de nains  et de naines et va dans l’espace !
Retournons sur Terre et admirons le travail d’immersion sonore de Jay CHIMERA, où nous suivons Costar, Password, Pinocchio et Techno à travers une aventure cyberpunk des plus passionnantes Restons sur terre, restons en immersion sonore et immergeons nous sous les eaux avec Amphibroisie de moi.renard … Lors d’une battue, un individu parvient à se cacher dans un conduit d’évacuation, du même auteur écoutons Poséidôme qui nous transporte en 2027 dans les fonds marins à travers le journal de bord du docteur Ambrosia, guide de la faune sous-marine….   Si on reste encore sous l’eau jusqu’en 2030 après la Guerre Nucléaire, nous pouvons suivre les aventures de l’équipage du sous marin Tartaris dans Soul Religion de Matsama. Pas le temps de reprendre votre souffle, plongez à nouveau dans l’univers sombre de Xenozis de Trent, et découvrez le monde souterrain Éponyme …
Ralentissons la cadence et écoutons Spatial555, dont j’ai déjà rédigé un avis et terminons en beauté notre périple par Red Universe, une très longue saga avec des vaisseaux spatiaux d’éxodés, une planète en proie à des luttes de pouvoir et des belles histoires d’amour.
Et si vous n’êtes toujours pas satisfaits et comme je n’ai pas été exhaustif, allez voir un peu tout ce qui se fait en SF !

Interview : Les créateurs amateurs et le droit d’auteur

[Cet article est simultanément publié sur SavoirsCom1 ]

L’informatique domestique permet à tout à chacun de s’essayer dans de nombreuses pratiques artistiques que l’Internet permet de partager facilement avec le plus grand nombre. Ainsi l’on peut trouver son bonheur au milieu de toutes ces fanfictions, ces fanfilms, ces fanart, ces machinimas, mashups, sagas mp3 et jeux vidéos amateurs. Ces œuvres d’artistes amateurs et enthousiastes sont malheureusement souvent illégales, en raison de la complexité à comprendre le droit d’auteur au sein d’un média qui favorise le partage et le remix. Bien souvent ces créateurs ne voient pas en quoi ils seraient dans l’illégalité.

Le Microphone, principal outil des créateurs de sagas mp3 et de machinimas Photo de Juna Kuca (licnece CC By)
Le Microphone, principal outil des créateurs de sagas mp3 et de machinimas Photo de Juna Kuca (licnece CC By)
Afin d’avoir une vue de ce que pensent les premiers intéressés -les créateurs amateurs- sur ce qu’ils savent ou croient savoir sur la propriété intellectuelle et comment ils utilisent les œuvres protégées ou non dans leurs créations, voici une interview croisée avec 6 créateurs amateurs. Le but n’est pas de montrer qui a tort et qui a raison, ce qu’il faut faire et ne pas faire, mais de connaître les avis de ces personnes et ainsi de montrer la complexité du droit d’auteur à l’ère du numérique.
Les créations amateurs ciblées dans cette interview sont les sagas mp3 et les machinimas., l’interview a été préparé par SilverSon, faite sur le logiciel Mumble et enregistrée par Merzlinn.
Licence Creative Commons
Cette interview est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

 

 

L’affaire Blaireau, adapté en audio drama

Alphonse Allais
Alphonse Allais

Les épisodes de cet « audio-drama » sont disponibles à l’adresse http://affaireblaireau.canalblog.com/ . Les épisodes sont sorti entre janvier et avril 2010.
Il s’agit d’une production « les éditions de l’avenir » chapeauté par Christian MARTIN, adaptée du roman du même nom d’Alphonse ALLAIS (auteur que je ne connaissais pas). Dans cette adaptation j’ai eu l’honneur et le privilège de prêter ma voix au personnage du maire.
Quelle est l’histoire de cette histoire ? (Chouette la phrase hein ?)
Dans la paisible et tranquille ville de Montpaillard, un braconnier a été arrêté et condamné à 3 mois de prison pour violence auprès d’un garde champêtre. Mais le système judiciaire français est aussi opaque que de l’eau d’une rivière après le passage d’un troupeau de Gnous. D’autant plus qu’il s’avère que c’est peut-être et éventuellement possible une erreur judiciaire … C’est un scandale à Montpaillard !
Il s’agit d’une méga-production de part la longueur de l’histoire (5 fois 30 minutes, soit 150 minutes), mais aussi de part le nombre d’acteurs (23 acteurs), ce qui est quand même énorme …
23 acteurs, 23 voix différentes, 23 micros différents … Malgré ces contraintes le résultats est très bon. Les acteurs, dont certains sont néophytes et d’autres expérimentés*, ont joué au mieux et le rendu est … original. Bref, cette production est amateur et ça s’entend, mais ce n’est pas une mauvaise chose et je ne peux qu’applaudir tous les participants ! Toutes mes félicitations !
Bon, il faut préciser que j’ai joué dans cette superbe histoire, je vous laisse deviner qui !

*Je dois avouer que je suis en admiration devant le comédien qui incarne le baron de Hautpertuis (Stanley), quelle belle voix, quel jeu d’acteur ! Bravo !

Spatial555 de lexan, une saga mp3 de politique-fiction

Note : ceci est un avis sur la 1° version de cette saga,  que j’avais écrite il y a quelques temps. la seconde version actuellement en ligne est quasiment identique mais a un découpage des épisodes différents : 2 longs épisodes (un par personnage) au lieu de 8.

Spatial 555 est une saga mp3 de lexan disponible sur : http://audioblog.arteradio.com/spatial555/

Il s’agit d’un feuilleton radiophonique de 9 épisodes d’une durée totale de 84 minutes (l’épisode le plus long dure 14 minutes et le moins long dure 8 minutes).
En arrivant sur le blog vous pouvez lire :
Spatial est une série de science fiction radiophonique. Pour faciliter votre compréhension il serait préférable que vous quittiez votre corps . Je vais donc compter jusqu’à trois et a trois votre esprit aura migré à l’extérieure de vous même, ce qui vous permettras de me suivre. Attention vous êtes prés ?
Et c’est le cas : l’histoire -ou plutôt les deux histoires- qui appartiennent plus du livre lu que de la saga mp3, entrecoupé de longues et belles pauses musicales. Oui, il y a deux histoires, qui se regroupent au huitième épisode. Je vais vous en faire un petit résumé :
Les épisodes impair nous racontent l’histoire d’Alphonse Rigidel (orthographe inconnue), un jeune homme qui, après avoir été à l’université de la Podcorps, se fait embaucher par cette transnationale et reçoit pour mission de retrouver un pirate informatique afin de … l’embaucher.
Les épisodes pairs nous racontent l’histoire de Fleur Citruc (orthographe inconnue), une informaticienne vivant en autarcie près de la mer. Vous l’aurez compris, il s’agit de la personne recherchée par Alphonse.
Je l’ai précisé plus haut, les pauses musicales sont longues et régulières dans cette série. Des musiques calme qui emmènent notre esprit en dehors de notre corps, le roulis du train aidant (Voilà, vous savez où je l’ai écouté). Les pauses du narrateur entre ses phrases sont également longues. Le tout donne à cette série un rythme lent et posé qui nous emporte dans l’histoire et nous laisse le temps de réfléchir aux propos du narrateur … Et oui, l’histoire n’est pas innocente et pure, et le narrateur se sert de l’histoire pour faire passer un message que certains jurerais d’anticapitaliste, voire anarchiste. L’histoire, qui au début est assez simple et « gentille », devient au fil des épisodes plus méchante ; le narrateur (et l’auteur et acteur qui est derrière), sans être dans la rébellion, nous montre quelques problèmes de notre société : jusqu’où l’employé doit servir son entreprise ? Pourquoi fonder une famille, se marier et avoir des enfants ? Le personnage d’Alphonse est un beau sujet d’observation. Le personnage de Fleur, l’informaticienne nous questionne sur la recherche du pouvoir (elle est pirate et vend ses infos et programmes à des gouvernements et des transnationales). Ainsi, au final, je dirais qu’il s’agit d’une histoire d’anticipation qui nous fait réfléchir sur notre présent … Après tout, la science fiction n’est-elle pas une littérature du présent.

http://www.blogrepauly.net/